Paris ouvre le premier cimetière dédié aux enterrements verts

Pas de produits chimiques, de synthétiques ou de pierres tombales – le but est de retourner sur Terre aussi rapidement et subtilement que possible.

Paris a récemment ouvert son premier cimetière vert à Ivry-sur-Seine. Une partie du cimetière déjà existant a été consacrée aux enterrements écologiques, ce qui signifie que les Parisiens soucieux de l’impact écologique durable de leurs funérailles peuvent désormais reposer en paix.

Le cimetière éliminera les pierres tombales et les remplacera par des plaques de bois que la ville de Paris a déclaré vouloir remplacer tous les dix ans. Les cercueils et les urnes doivent être fabriqués à partir de matériaux biodégradables, soit du carton, soit du bois local non verni, et les corps doivent être habillés de fibres naturelles biodégradables. Ils ne peuvent, bien entendu, pas être embaumés avec du formaldéhyde.

La nouvelle section “verte” du cimetière comprend 17 000 pieds carrés et seulement 150 parcelles, mais je pense que si elle s’avère populaire, d’autres cimetières offriront quelque chose de similaire. Entre 1980 et 2016, la crémation est passée de 1 % à 36 % des funérailles françaises, l’environnement étant cité comme un facteur contributif, il y a donc de bonnes raisons de penser que cette tendance va continuer à s’accentuer.

Le CityLab a fait un rapport sur la pollution des préparatifs funéraires :

“Une étude réalisée en 2017 à la demande de la Ville de Paris a montré que les enterrements traditionnels génèrent en moyenne 833 kilogrammes (soit près d’une tonne) de dioxyde de carbone, ce qui équivaut presque à un vol aller-retour entre Paris et New York. La crémation produit en moyenne 233 kilogrammes (500 livres), et l’enterrement sans pierre tombale, 182 kilogrammes (400 livres)”.

La décision de rendre une partie d’Ivry plus durable a été décrite dans Le Monde comme “un retour à ce qui a été fait dans le pays pendant des millénaires”. En effet, comme je l’ai déjà écrit, l’embaumement n’est devenu populaire qu’après la guerre civile américaine, après qu’il ait été développé comme moyen de préserver les corps des soldats pour que leurs familles puissent les recevoir.

D’autres initiatives de funérailles écologiques voient le jour dans le monde entier, bien que beaucoup ne soient pas encore légales. Le compostage humain est un domaine de recherche fascinant, désormais autorisé dans l’État de Washington, qui transforme les corps humains en terre utilisable. L’entreprise italienne Capsula Mundi a conçu de magnifiques cosses en forme d’œuf qui plient le corps en forme de fœtus et sont plantées sous un arbre, transformant ainsi les cimetières en “forêts sacrées”, bien que celles-ci ne soient pas encore autorisées. Elle vend une urne biodégradable qui peut être utilisée pour les restes incinérés et plantée à côté ou sous un arbre.

Comme la densité de population augmente, il est important d’explorer ces alternatives. Nous ne pouvons pas tous être marinés et enfermés dans des boîtes en béton pour l’éternité, mais nous avons plutôt l’obligation de nous déplacer, de faire de l’espace et de revenir sur Terre une fois notre temps écoulé. Plus vite cette industrie pourra s’orienter dans une direction écologique, mieux nous nous en porterons tous.

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